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L’engagement du secondaire catholique pour la promotion de la conscience citoyenne des apprenants

Dans le cadre de la publication de la lettre pastorale 2024 intitulée « Zenes, dibout pou to pei ! » et axée sur l’éveil de la conscience citoyenne – et surtout, politique – des jeunes Mauriciens, le SeDEC invite les collèges catholiques à réfléchir à des moyens de participer à cet effort. Cela fait écho à l’appel lancé par l’Evêque de Port-Louis, Mgr Jean-Michaël Durhône, à la fin de sa lettre, pour que les différents services diocésains œuvrent en faveur de l’implémentation de certaines orientations dans leur sphère d’activité respective, selon le profil du public auquel ils s’adressent.

A cet effet, les Délégués à la Pastorale Scolaire (DAPS) des collèges catholiques ont été conviés à une rencontre de discernement, le 14 mai dernier, au SeDEC. Cette rencontre était animée par le Dr Pascal Nadal, responsable de la formation et de la pastorale scolaire, et le Dr Jimmy Harmon, responsable du secondaire. L’objectif était de réfléchir ensemble et de s’enrichir mutuellement par rapport à des propositions d’activités concrètes pour conscientiser la population estudiantine des collèges catholiques sur la nécessité de s’engager sur le plan social et politique pour un meilleur vivre ensemble au sein de notre ile plurielle.

rencontre DAPS

Cette rencontre tombait à point nommé, car les DàPS ont tous fait part des questions que se posent les jeunes – surtout ceux du ‘upper secondary’ – qu’ils côtoient au quotidien et qui seront prochainement appelés à aller voter pour la toute première fois. « Importe-t-il vraiment qu’on aille voter ? » ; « Pour qui devrons-nous voter ? » ; « Nous nous sentons perdus parmi tous les discours politiques… » ; « Comment faire le tri entre l’authentique et le paraitre ? » ; « Doit-on voter pour les personnes ou pour les partis politiques, ou est-ce la même chose au final ? » ; « Les élections à l’étranger paraissent plus intéressantes qu’à Maurice… » Ce sont là quelques-unes des remarques dont ont fait part les DàPS. Ces derniers ont, en toute honnêteté, évoqué leurs difficultés en tant qu’enseignants à répondre à ces questionnements, n’étant pas formés en la matière. D’où la pertinence de cette plateforme de réflexion et de partage entre collègues de différents collèges, en complément de l’apport que peut avoir l’aumônier dans chaque collège.

 

Pacte EducatifAu niveau du SeDEC, plusieurs pistes ont été proposées pour pouvoir associer la thématique qu’aborde l’Evêque dans sa lettre pastorale au sixième pilier du Pacte Educatif Global proposé par le Pape François et portant sur le renouvellement de l'économie et de la politique. Il a en outre été question d’outiller le jeune en l’éclairant sur divers aspects de la vie politique à Maurice, comme le ‘best loser system’, le ‘first past the post’ et l’émergence des partis d’opposition extraparlementaire, etc. Cela pourrait aider le jeune à se sentir plus en confiance au moment d’accomplir son devoir civique. Les représentants des collèges présents ont ensuite partagé les fruits de leur discernement au sein de leur Equipe d’Animation à la Pastorale Scolaire (EAPS). Parmi les propositions évoquées, nous notons :

  • L’accent sur certains aspects du programme d’études en ‘Intercultural Education’ (IE) qui traitent de la constitution et de son importance pour un pays.
  • Le parallèle qui peut être effectué entre l’élection des membres du ‘Student Council’ au niveau du collège et les élections législatives au niveau national.
  • L’invitation qui peut être faite à des personnesressources internes ou externes au collège pour parler de la conscience citoyenne et politique. Par exemple, des intervenants du monde politique, syndical, légal ou actifs au sein des ONG pourraient être sollicités.
  • L’organisation d’activités de sensibilisation par rapport à l’écologie, par exemple des campagnes de nettoyage ou de plantation d’arbres au sein de la localité où se trouve le collège.
  • La tenue de retraites, par exemple selon la formule des journées ‘Efata’ avec l’atelier ‘Moris kont lor twa’, pour permettre aux jeunes de réfléchir à des aspects qui touchent à leur avenir, tels que le vieillissement de la population, le phénomène d’émigration parmi la jeunesse locale et l’arrivée d’un nombre croissant de travailleurs étrangers à Maurice.

Une belle palette de propositions pour permettre aux jeunes Mauriciens scolarisés au sein des collèges catholiques de mieux « dibout pou zot pei ! »

 

Au Collège du St Esprit

Cassam Uteem, ancien président de la République : « Jeunes, engagez-vous ! »

Le 22 mai dernier, les élèves du Collège du St Esprit, à Quatre-Bornes, ont eu le privilège de pouvoir bénéficier d’un temps d’échange avec l’ancien président de la République, Cassam Uteem, dans le sillage des activités prévues au sein des établissements scolaires secondaires catholiques pour conscientiser les jeunes par rapport à l’engagement citoyen et politique.

Tout d’abord, l’ancien chef d’Etat a invité tous les élèves à prendre le temps de découvrir les différentes cultures présentes à Maurice pour une meilleure harmonie sociale.  Il a exhorté les jeunes à se tourner vers l’histoire de Maurice pour pouvoir mieux comprendre la société d’aujourd’hui. Il a, en effet, insisté sur l’importance d’une communauté locale soudée et qui marche ensemble. Se référant à la lettre pastorale de Monseigneur Jean-Michaël Durhône, il a eu le message suivant à l’adresse de son auditoire : « Soyez une jeunesse formée pour aider votre pays. »  

CSE

Soulignant l’importance du rôle parental dans l’éducation, Cassam Uteem a témoigné de l’amour et de la dévotion de ses parents, qui l’ont accompagné et soutenu tout au long de sa scolarité, même si eux-mêmes n’avaient pas fait de grandes études. Il a aussi abordé la problématique de l’exode des jeunes Mauriciens, en quête de meilleures opportunités ailleurs et qui croient de moins en moins en ce que leur ile natale peut leur apporter. Selon lui, il est crucial de pouvoir créer davantage de débouchés à Maurice et de promouvoir la méritocratie et la justice pour le bien-être des jeunes et aussi dans l’intérêt du développement économique du pays.

Revenant sur quelques épisodes de sa jeunesse, Cassam Uteem a expliqué comment son engagement social et politique découlait du désir de lutter contre la pauvreté et les conditions difficiles de l’époque. « L’esprit avec lequel on fait de la politique est important. On s’engage pour changer les choses. Il faut une participation active et bien comprendre les enjeux », a-t-il ajouté.

Ce Mauricien très respecté pour ses prises de position et autres interventions pendant les heures sombres de notre histoire – comme les émeutes de 1999, suivant le décès en cellule policière du chanteur Kaya – a conclu son intervention en demandant aux jeunes de ne pas se fier uniquement à ce qui se passe au parlement pour juger de l’état de la démocratie à Maurice. « Jeunes, engagez-vous ! Il y a encore beaucoup de problèmes et d’inégalités dans ce pays. L’avenir dépendra de vous. »